Bitcoin : cette asymétrie risque-bénéfice n’a plus été revue depuis le COVID-19
Depuis plusieurs semaines, Bitcoin navigue dans un climat étrange. Le prix a reculé, le sentiment s’est refroidi, mais certains analystes voient dans ce repli une configuration rare. Très rare, même. Pour André Dragosch, responsable de la recherche européenne chez Bitwise, le marché renvoie aujourd’hui à une situation comparable à celle observée lors du choc du COVID-19. À l’époque, Bitcoin s’était effondré avant de signer l’un des rebonds les plus spectaculaires de son histoire.
Un marché qui s’attend au pire
Pour comprendre son raisonnement, il faut revenir à une idée simple : le marché ne réagit pas seulement aux faits, il anticipe. Et aujourd’hui, le BTC évolue comme si une récession était presque inévitable. Pourtant, à Washington, le ton est tout autre. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a assuré que les États-Unis ne se dirigeaient pas vers une récession en 2026.
Ce contraste nourrit une situation atypique : un actif qui baisse alors que les perspectives macro pourraient repartir à la hausse. Cette contradiction n’est pas nouvelle. On l’a déjà vue en mars 2020, lorsque l’écart entre la panique du marché et les mesures de soutien monétaire annonçait en réalité un point bas majeur.
Après de nouveaux sommets, un climat d’inquiétude
Le Bitcoin a atteint un nouveau record au-delà de 125 000 dollars le 5 octobre, avant d’être frappé cinq jours plus tard par une liquidation massive de 19 milliards de dollars. Ce choc est arrivé juste après l’annonce, par Donald Trump, de tarifs douaniers à 100 % sur les produits chinois.
Le marché a encaissé, puis plié. Le passage sous les 100 000 dollars, le 13 novembre, a marqué une rupture psychologique. La glissade sous les 90 000 dollars, le 20 novembre, a aggravé l’ambiance. Pourtant, le rebond rapide qui a suivi montre que les acheteurs ne sont pas partis bien loin.
Des signaux fondamentaux qui ne s’effondrent pas
C’est ici que l’analyse de Dragosch prend un tournant. Il relève plusieurs signaux qui, en temps normal, soutiendraient une dynamique haussière évidente :
- Le hashrate du réseau Bitcoin, encore à des plus hauts,
- L’arrivée continue de nouveaux ETF,
- Et une activité stablecoins en hausse.
Ces éléments ne correspondent pas à un marché en détresse. Ils traduisent au contraire une infrastructure qui se renforce, un intérêt institutionnel qui s’installe et une adoption qui progresse. Par conséquent pour le spécialiste, le Bitcoin a déjà intégré la majorité des mauvaises nouvelles, mais pas encore les bonnes.
Une asymétrie qui rappelle 2020
C’est précisément cette dissociation entre le prix et les fondamentaux qui lui rappelle la période du COVID-19. À l’époque, Bitcoin était passé de 8 000 à moins de 5 000 dollars en quelques jours, alors que les banques centrales injectaient des liquidités massives dans le système financier.
Pour les investisseurs attentifs, ce décalage offrait un risque limité, mais un potentiel de hausse exceptionnel. Aujourd’hui, le scénario actuel y ressemble à bien des égards :
- Le prix baisse,
- Le sentiment du marché traduit encore un certain niveau de peur et d’hésitation,
- Les fondamentaux restent solides,
- Et la macro commence à s’améliorer en arrière-plan, portée par les effets différés des politiques monétaires passées.
Un cocktail rare. Et souvent porteur.
Le marché n’est pas convaincu du début d’un bear market
D’autres analystes appuient cette interprétation. Le trader Alessio Rastani estime que la configuration actuelle s’est déjà présentée à de multiples reprises, et qu’elle a débouché sur un rebond significatif dans 75 % des cas.
De son côté, Tom Lee de BitMine reste confiant. Il voit le Bitcoin repasser au-dessus des 100 000 dollars d’ici la fin de l’année et toujours selon lui, un nouvel ATH ne serait pas insensé.
Pourquoi cette phase peut encore durer ?
Même si le potentiel est présent, Dragosch prévient : ce type d’asymétrie ne disparaît pas du jour au lendemain. Selon lui, l’environnement actuel pourrait durer encore plusieurs mois.
Il compare cela à une période de digestion : après un choc ou un excès haussier, le marché absorbe l’information, redistribue les positions et se stabilise. Le prix n’a pas besoin de plonger plus bas, mais il peine à repartir immédiatement.
Source : André Dragosch
Pour aller plus loin sur le sujet :
- Bitcoin frôle son coût de production : un tournant en vue ?
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- Bitcoin sous-évalué : pourquoi 96 000 $ redevient possible
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